En continu
Entretien avec… Saliou Dramé, directeur d’Immosen : «Elaborer un programme de développement qui permet de résorber le gap en logement social, c’est ça la rupture»Coopération internationale : le Sénégal prospecte en Europe pour accélérer ses projets de logement et de renouvellement urbainLa Gambie obtient 10 millions de dollars additionnels du SFD pour boucler les routes du Grand BanjulMali : la BOAD inspecte les travaux de la RN27, un chantier routier de 33 milliards FCFA à BamakoChiffre d’affaires de la construction : comment la baisse de 22,1% s’est propagée aux trois sous-secteurs (ANSD)Aperçu des réalisations onusiennes au Sénégal en 2025Logement en Afrique : l’ESEA-UCAD prône des solutions innovantes pour un habitat durable et accessibleDigitalisation des services de l’état civil : la CDC et l’ANEC signent une convention de partenariat stratégique
, ,

La Gambie obtient 10 millions de dollars additionnels du SFD pour boucler les routes du Grand Banjul

La Gambie et le Fonds saoudien pour le développement ont signé un financement additionnel de 10 millions de dollars pour achever les 50 km de routes du Grand Banjul liés au projet routier de l’OCI,…

WhatsApp Facebook LinkedIn X

La Gambie et le Fonds saoudien pour le développement ont signé un financement additionnel de 10 millions de dollars pour achever les 50 km de routes du Grand Banjul liés au projet routier de l’OCI, consolidant un montage entamé en 2019 autour d’un paquet de 50 millions pour les voiries …

La ministre des Finances et des Affaires économiques de Gambie, Seedy K.M. Keita, a signé un accord de financement additionnel avec le président du Fonds saoudien pour le développement (SFD), Sultan Ben Abdulrahman Al‑Marshad, portant sur 10 millions de dollars destinés au projet d’aménagement de 50 km de routes dans la région du Grand Banjul.

Cet avenant consolide la présence saoudienne dans le financement des infrastructures gambiennes et doit permettre de finaliser un tronçon structurant du réseau urbain dans l’aire métropolitaine de Banjul, où la qualité des voiries reste un frein à la mobilité et à la valorisation foncière.

Le financement additionnel vient s’adosser au projet routier dit de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui prévoit l’aménagement de 50 km de routes secondaires et de dessertes dans le Grand Banjul afin de fluidifier les flux autour de la capitale et d’améliorer l’accès aux quartiers densément peuplés. En se concentrant sur des voiries urbaines plutôt que sur des axes interurbains, le dispositif vise directement la consolidation de la valeur immobilière et la structuration de nouveaux pôles de développement.

Un maillon supplémentaire dans un paquet de 50 millions pour les routes de l’OCI

Les autorités gambiens rappellent que le SFD est déjà le principal bailleur des routes liées aux préparatifs du sommet de l’OCI. Dès 2019, un paquet de 50 millions de dollars avait été approuvé par l’Assemblée nationale pour financer des routes dans le Grand Banjul, dans le cadre d’un ensemble de 93 millions de dollars accordés par Riyad pour les projets liés à l’OCI.

À l’échelle opérationnelle, ce financement s’est traduit par la signature de marchés pour un portefeuille d’environ 50 millions de dollars de travaux portant sur 50 km de nouvelles routes desservant une vingtaine d’artères dans la municipalité de Kanifing et la région de West Coast. Ces chantiers recoupent le périmètre communément désigné comme « Greater Banjul Area », qui concentre l’essentiel de l’activité économique et de la demande immobilière du pays.

Les services du président Adama Barrow présentent depuis plusieurs années ces routes de l’OCI comme un pivot de la requalification urbaine et de l’attractivité économique de la capitale. La présidence avait déjà qualifié l’achèvement des 50 km de voiries urbaines et de la voie express Bertil Harding–aéroport de « game changer » pour la mobilité et l’investissement dans le Grand Banjul.

Des besoins persistants de mobilité dans l’aire métropolitaine de Banjul

Au‑delà du seul label OCI, la faiblesse du maillage routier urbain reste l’un des principaux goulots d’étranglement de la métropole gambienne. Une étude sectorielle élaborée pour le COMCEC indiquait déjà que le réseau routier urbain totalisait environ 150 km dans le Grand Banjul, un linéaire limité au regard de la croissance démographique et de la motorisation. Les autorités des routes soulignent de leur côté que les encombrements et l’état des chaussées pèsent directement sur les coûts logistiques et les temps de trajet domicile‑travail. La National Roads Authority décrit la zone comme confrontée à de sévères congestions, notamment sur les axes menant à la Trans‑Gambia et aux sorties vers le Sénégal.

Le financement additionnel de 10 millions de dollars ne change pas l’échelle du projet, mais augmente la marge de manœuvre pour traiter les points noirs techniques identifiés durant l’exécution (drainage, éclairage, divorcement des emprises, raccordements aux voies existantes). La NRA a déjà prévenu que certains lots urbains — notamment autour de Kanifing, Kairaba Avenue et Banjul‑Serrekunda Highway — exigent des ajustements de conception et des travaux complémentaires pour absorber le trafic projeté.

Les autres bailleurs restent présents sur le corridor Grand Banjul

Le SFD n’est pas le seul financeur actif sur les infrastructures de transport dans et autour du Grand Banjul. La Banque mondiale a approuvé en mai 2025 un financement de 52,6 millions de dollars pour un projet associant construction de 60 km de routes rurales et urbaines et renforcement du réseau électrique dans certaines zones, y compris dans le Grand Banjul. Pour les investisseurs immobiliers et les opérateurs logistiques, la combinaison de ces différents programmes recompose progressivement la carte des accessibilités.

Les documents budgétaires du ministère des Finances confirment par ailleurs que les infrastructures routières urbaines concentrent une part croissante des dépenses d’investissement de l’État, en complément des financements concessionnels extérieurs. Le discours budgétaire faisait déjà état de la sécurisation d’un financement pour la construction de 50 km de routes urbaines dans le Grand Banjul, ce qui inscrit le projet de l’OCI dans une trajectoire de long terme plutôt que dans une logique de chantier ponctuel.

La visite de la délégation saoudienne comme séquence politique suivante

La séquence ouverte par la visite de Sultan Ben Abdulrahman Al‑Marshad devrait dépasser le seul sujet des routes de l’OCI. Reçu au State House par le président Adama Barrow, le dirigeant du SFD a évoqué une extension de la coopération vers d’autres secteurs d’infrastructures, notamment les réseaux numériques, l’assainissement, les télécommunications, les services financiers et les équipements sportifs. Pour les acteurs du BTP et de la promotion immobilière, l’enjeu immédiat reste toutefois la bonne exécution de ce financement additionnel de 10 millions et la livraison dans les délais des 50 km de routes urbaines, condition nécessaire pour stabiliser les anticipations de valeur autour des principaux corridors du Grand Banjul.

Dans la même rubrique

L’essentiel de l’immobilier, chaque lundi

Une sélection courte des infos qui comptent. Gratuit, désinscription en un clic.